La Cense du Pont
Située à l'intersection de la "Rue Basse" et du "Chemin du Moulin" - actuellement rues "Henri Pottier" et de "la Fraternité"- elle a cessé son activité vers 1985, au départ en retraite de son propriétaire exploitant, Henri Renard. Sa superficie était alors de 18 ha 03, en importance la troisième de Bachy.
Dans les temps anciens, elle était, paraît-il, bordée sur trois côtés d'un large fossé, et on ne pouvait y accéder que par un pont, d'où l'origine de son nom. Aujourd'hui, fossé et pont ont disparu, mais l'appellation est restée, encore qu'on parle aussi de « ferme Bourbotte » du nom de son exploitant présent durant de nombreuses années (approximativement de 1880 à 1925).
La disposition de ses bâtiments, qui paraissent pour la majeure partie dater du XVIIIe siècle est classique pour le genre de culture pratiqué : céréales (blé, avoine), betteraves fourragères et sucrières, voire aussi, ces dernières années, un peu de pommes de terre, avec une part importante de prairies permanentes eu égard à la présence de vaches laitières.
On y trouvait donc, sitôt passé le porche, sur la gauche, une petite remise, une écurie pour trois ou quatre chevaux, un corps de logis qui se continue sur le façade du fond, un accès au jardin potager, deux ou trois petits locaux (poulailler, porcherie) sur le côté droit, une grande grange, et revenant vers le porche, une étable pouvant accueillir dix ou douze vaches laitières.
A l'extérieur de cet ensemble, à gauche du porche, il y a une petite chapelle, habituellement nommée "chapelle Bourbotte" du nom du fermier qui l'aurait fait construire, la plaçant sous le vocable de saint Augustin, patron des savants, en remerciement pour la découverte du vaccin ayant guéri une épidémie de fièvre charbonneuse. La maçonnerie de la première partie du corps de logis présente la trace de très grandes ouvertures en larges cintres, aujourd'hui fermées de portes-fenêtres, les lieux ayant paraît-il autrefois servi de bergerie.
Nous n'avons trouvé que très peu d'information sur cette ferme aux siècles passés. Des cartes anciennes (Cassini, 1755, carte des frontières, 1773 et autres) font état de la « Cense du Pont », Un « dénombrement » de 1784 en mentionne la propriété en indivision pour les trois quarts à Antoine-François Duquesnoy, Michel-Maximilien Cambier, Marie-Anne Gambier, Anne-Marie Pélagie Gambier, qui ont tous émigré lors de la Révolution, le dernier quart à Charles-François de le Vigne, demeurant à Douay, qui n'a pas émigré. Une part a donc été faite pour ce dernier, tandis que le «bien d'émigré » devenu « Bien National » a été mis en vente. Il semble que les censiers de l'époque en: aient acquis la majeure partie. Quant aux censiers, on trouve, en 1784, Louis-Joseph Lemerre puis, successivement, son gendre, Antoine Maton, son fils Arnould Maton, puis Alexandre Maton, plus tard, un sieur Devaux, dont la fille, Adolphine a épousé Henri Bourbotte. Leur fille Edwige a épousé Saturnin Renard, qui a exploité la ferme d'environ 1924 à 1950, avant de la céder à son fils Henri. Lors de son départ en retraite, vers 1985, il a cédé les terres à des agriculteurs voisins et, après son décès, en 2005, ses héritiers ont vendu la ferme à des propriétaires qui ont ouvert des chambres d'hôtes.
Texte de Henri WERBROUCK




